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Une troisième catégorie ?

Publié le 20 mars 2010 - modifié le 14 juin 2019

L’annonce fin février 2010 de l’attribution de documents d’identité avec « sexe : non spécifié » à Norrie-May Welby (Australie) a eu le mérite de lancer le débat sur la mention officielle du « sexe ».

Genres Pluriels prône très clairement l’abolition de la mention du sexe sur la carte d’identité et partout où cette donnée n’est pas indispensable. Elle pourrait être conservée sur la puce électronique de la carte d’identité ou de la carte SIS (carte belge de santé), en tant que donnée médicale parmi d’autres, vu que le « sexe » est après tout une invention médicale.

Faut-il provisoirement revendiquer la création d’une troisième catégorie, « autre » ou « sexe non spécifié » ? Qui déciderait alors du choix de cette option ?

Petit rappel des faits et pistes de réflexion avec l’OII...

Les faits

Un(e) Britannique résidant en Australie a été annoncée comme première personne dans le monde enregistrée comme étant « neutre » ou de « sexe non spécifié ». Norrie-May Welby a été soumis·e à une opération pour devenir « femme », mais ille n’en était pas content·e et a entamé une bataille administrative pour ne plus avoir de sexe légal binaire.

Ille ne se sentait à l’aise ni comme « homme » ni comme « femme » et
a décidé d’entamer des démarches afin d’obtenir le droit d’avoir un
certificat d’identité avec la mention « sexe non spécifié » ou « neutre ».

Norrie-May Welby collabore avec SAGE (Sex and Gender Education). SAGE
a déclaré que la décision représente aussi une victoire pour les enfants
intersexué·e·s qui pourraient être enregistré·e·s comme « neutres » ou de « sexe non spécifié », jusqu’à ce que l’enfant décide sa propre identité.

Toutefois, Gina Wilson, de l’OII-Australie (Organisation
Internationale des Intersexes - Australie) n’est pas d’accord : « Nous pensons que cette catégorie sur les certificats de naissance des enfants intersexes rendraient la vie plus difficile parce que cela révélera leur différence à tout le monde. L’enfant doit apprendre à vivre avec son corps et a besoin de temps pour s’y adapter. »

Gina Wilson propose que les parents puissent choisir un prénom androgyne pour l’enfant et demander la permission que le certificat soit temporaire afin de laisser le choix à l’enfant.

Le 16 mars 2010, il a été notifié à Norrie que l’administration australienne était revenue sur sa décision et que la mention d’un sexe « ni mâle ni femelle » ne pouvait finalement pas lui être accordée légalement.

Position de l’OII

Nous pensons que l’attribution de la mention d’un sexe non binaire (ni mâle ni femelle) représente(rait) une grande victoire mais seulement si cette option est accessible à toutes les personnes et pas exclusivement à celles
qui ont un corps considéré comme « inclassable » par les experts médicaux.

L’OII n’est pas opposée à d’autres catégories de sexe, si ces catégories
sont facultatives et accessibles à toute personne qui s’identifie à
la catégorie. L’OII est opposée à l’imposition d’une catégorie juridique
réservée aux personnes intersexuées sans leur consentement.