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Transidentités et point de confort

Publié le 22 novembre 2022

Étude établissant les besoins psycho-médicosociaux des jeunes adultes transgenres

Auteure : Capucine Camberlin
Promotrice : Annalisa Casini
Publié par : UC Louvain - Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation

Introduction

Depuis longtemps, le domaine des transidentités fait l’objet de publications scientifiques,
toutefois, ce n’est que depuis quelques années que nous pouvons trouver des écrits dénués de toute connotation psychiatrisante et stigmatisante. Ce domaine d’études, en pleine transition, fait encore l’objet d’actuelles recherches universitaires. Cette augmentation significative des recherches sur les transidentités a entrainé et a favorisé le développement d’une pratique transaffirmative auprès des professionnel·le·s de terrain qui accompagnent les personnes transgenres.

A côté de cette lecture dépsychiatrisante, les droits des personnes transgenres ont connu une évolution considérable. En effet, la Belgique a assisté à un changement de paradigme concernant les personnes transgenres, passant d’un modèle basé sur la psychiatrisation à un modèle basé sur l’autodétermination des personnes. A ce sujet, les politiques traitant des transidentités n’ont jamais connu une évolution aussi forte et notre pays figure dans le top huit des pays européens autorisant une personne à adapter ses documents administratifs sur base du principe de l’autodétermination. Les revendications des personnes transgenres touchent toutes les sphères de la vie quotidienne. Nous pouvons d’ailleurs remarquer que la visibilité des personnes transgenres se fait de plus en plus grande notamment via les médias qui rendent le sujet de moins en moins tabou.

Dans ce contexte en pleine évolution, les notions de sexe et de genre s’entrechoquent, donnant lieu à de nouvelles définitions. Les conceptions cis-hétéronormatives ne vont plus nécessairement de soi, laissant la possibilité à des parcours de vie plus hétérogènes, sortant d’une lecture en catégories binaires. Ainsi, les normes de genres se diversifient et les corps ne s’envisagent dorénavant plus comme pierre angulaire à l’identité de genre.

Dans cette perspective de sortir de la binarité et de déconstruire nos schémas cognitifs basés sur la différence entre les sexes, les personnes transgenres peuvent également jouer un rôle en partageant, via leurs expériences, des connaissances en dehors des constructions sociales normatives. C’est dans cette perspective que cette étude qualitative tente d’identifier les besoins psycho-médico-sociaux ressentis comme prioritaires par les jeunes adultes transgenres (18-30 ans). La recherche tire son autorité de l’induction dans le but d’explorer cette thématique à travers leurs yeux. Intégrer la parole des adultes transgenres nous invite à nous plonger dans leurs réalités concrètes mais également à envisager un angle de vue se situant au-delà d’une compréhension trop simpliste et limitée du sujet. La démarche inductive donne, dès lors, la priorité à la production de connaissances et permet la mise en lumière des besoins spécifiques de cette population.

Ce présent travail se divise en trois parties. La première partie comprend deux chapitres. Le premier se consacre aux transidentités et au cadre légal se rapportant à cette thématique et le deuxième discute la littérature traitant de la situation psychologique, sociale, professionnelle et médicale des personnes transgenres. La deuxième partie présente le coeur de la recherche et expose les résultats obtenus des données récoltées et analysées. Enfin, dans la troisième partie, sur base du modèle de Bronfenbrenner, nous articulons les éléments dégagés dans les résultats pour les mettre en regard à ceux exposés dans la littérature. Cette recherche se termine par la formulation de recommandations, en lien avec les besoins identifiés dans la partie empirique.

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