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Le sexe - une invention médicale

Gepubliceerd op 1 april 2008 - gewijzigd op 14 juni 2019

POSITION DE GENRES PLURIELS :

Nous vous invitons à modifier systématiquement „LE sexe” par „LES sexes” ainsi que „LE genre” par „LES genres” quant il s’agit de la vision générale CAR

... LE PLURIEL EST POLITIQUE ... afin de démontrer la diversité ainsi que l’ouverture à de multiples possibilités.

par Curtis Hinkle, fondateur de l’OII

C’est la médecine qui a inventé le sexe tel qu’on le comprend dans
beaucoup de pays et instrumentalisé les personnes intersexuées pour valider cette invention. Une des motivations principales pour cette invention
médicale était le „besoin” de protéger les personnes contre les
rapports homosexuels et d’autres << vices >>. Vers la fin du XIXème
siècle, les médecins possédaient assez de connaissances et de nouveaux outils technologiques pour comprendre que de plus en plus de personnes qui venaient consulter n’étaient pas „clairement” mâles ou femelles. Ils ont inventé une taxonomie en 5 sexes qui est toujours
en vigueur dans beaucoup de pays. Ils voulaient déterminer le vrai
sexe d’une personne pour protéger la société contre le „vice”. Car il
y avait des personnes mariées avec d’autres personnes „de même sexe”
selon certains médecins. (Il y avait d’autres motivations pour cette
invention aussi mais on ne peut pas nier la préoccupation de
l’homosexualité comme motivation principale.)

Voici la taxonomie inventée à l’époque :

mâle - une personne avec des testicules

femelle - une personne avec des ovaires

pseudo-hermaphrodite mâle - personne avec des testicules mais à l’apparence plus féminine

pseudo-hermaphrodite femelle - personne avec des ovaires mais à
l’apparence plus masculine

hermaphrodite vrai - personne avec du tissu testiculaire et du tissu
ovarien

Selon cette taxonomie, c’est SEULEMENT les gonades qui déterminent le
VRAI sexe d’une personne. C’est tellement archaïque qu’il est étonnant de trouver cette taxonomie dans beaucoup de textes aujourd’hui.

Ce qui peut surprendre, c’est qu’une personne classifiée comme
hermaphrodite vrai nait souvent avec une apparence tout à fait
féminine ou tout à fait masculine et n’est pas détectée à la
naissance.

Les personnes qu’on détecte comme intersexuées à la naissance sont
principalement les personnes qu’on appelle pseudo-hermaphrodites.

Selon les statistiques aux USA presque la moitié des enfants intersexués détectés
à la naissance étaient des „filles” avec l’hyperplasie congénitale des
surrénales (cf. formes d’intersexuation).

Cette taxonomie qui utilise le terme „hermaphodite” n’a rien de
scientifique. D’abord, un être humain ne peut pas être biologiquement
hermaphrodite. Aussi, le concept de „pseudo-hermaphrodite” n’est rien
d’autre qu’un tour de passe-passe (une autre mystification) pour
convaincre la société que vraiment ces personnes sont des hommes ou
des femmes - donc „pseudos”. On efface leur intersexuation en disant
qu’elles sont vraiment femelles ou mâles.

La médecine EFFACE les intersexuations et cet aveuglement continue avec la
nouvelle taxonomie - DSD. Selon cette taxonomie, nous avons 2 sexes et la personne intersexuée est vraiment un homme ou une femme avec un „trouble de développement sexuel”. Le trouble, c’est l’ignorance et la mystification des personnes qui refusent d’admettre les faits
scientifiques. La sexuation d’une personne est extrêmement complexe et
même l’identité et l’orientation font partie de ce processus mais nous ne savons pas encore tous les facteurs qui entrent en jeu et comment ces
facteurs interagissent. De plus, comment interpréter tout cela une fois qu’on place l’individu dans une culture donnée ?

En ce qui concerne la peur de remettre en question la cellule
familiale, il existe des preuves que les personnes IS et/ou gays/trans ont
eu une place dans certaines sociétés pour PROTEGER la famille.

Les eunuques (une catégorie juive) n’étaient pas considérés comme une menace envers la famille. Au contraire. Cette catégorie serait
difficile à expliquer selon les catégories qu’on utilise aujourd’hui
car certains eunuques seraient des intersexués, d’autres seraient
gays, d’autres trans, etc. et certains des hommes castrés.

Les Two-Spirits chez les Amérindiens (Native Americans) avaient un
rôle de soutien dans la cohésion des tribus. Cette catégorie
comprenait aussi des personnes intersexuées, gay ou trans.

Il y a moins de reconnaissance des variations sexuelles dans la
médecine actuelle que dans ces cultures qui existaient longtemps avant
l’invention du sexe comme un fait „biologique et médical”.

Nous sommes perdu·e·s dans un enchevêtrement de catégories binaires.

Combien de catégories binaires faut-il pour cacher que le sexe n’est
pas binaire?

Au lieu d’admettre ce qui est évident, c’est-à-dire qu’il y a
plusieurs sexes, plusieurs états de sexuation, une grande diversité de
variations sexuelles, les spécialistes continuent de superposer d’autres binarisations qui ne servent qu’à cacher la diversité
biologique/génétique et le fait que la sexuation est si différente
d’une personne à une autre qu’on ne pourra jamais déterminer le „vrai”
sexe d’une personne.

Toutes ces nouvelles inventions seraient obsolètes si on regardait les
faits.

Mâle/femelle = en logique ce serait une fausse dichotomie

Homme/femme = le résultat de cette fausse dichotomie

Genre/sexe = une mystification nécessaire pour nous convaincre que
cette fausse dichotomie est valide

Homosexuelle/hétérosexuelle = imposition de normes basées sur des
comportements qui ne valorisent pas la binarisation de toute l’espèce
par leur rôle dans la reproduction sexuée

Trans/Intersexué - Une mystification qui résulte de la fausse
dichotomie entre genre et sexe.

Ce sont des catégories IDENTITAIRES et il est vrai que pour beaucoup de personnes
ces catégories identitaires sont importantes. Néanmoins, ce sont des
constructions sociales - basées sur une fausse dichotomie - qui ne
relèvent pas de la science et des faits biologiques/génétiques. La
médecine „moderne” continue d’enseigner une science obsolète basée sur
une vision binaire qui efface la vérité fondamentale - le sexe est un
continuum et tous ces facteurs sont indissociables et liés
.

Au lieu de valoriser ce que nous avons en commun - notre humanité, on
continue de nous identifier selon des critères pseudo-scientifiques.

Je n’ai rien contre le droit d’une personne de choisir son identité
mais le plus souvent ce sont d’autres personnes qui nous identifient
et quand ce sont les médecins et les autorités juridiques, cela pose
beaucoup de problèmes.


Berichten

  • c’est bien, ça bouge dans les esprits .
    Mais attention au vocabulaire utilisé...restons „simple”, „clair” car les affirmations et jugements stéréotypés lassent les lecteurs.
    Pardon, la critique est facile. Surtout soyons directs. Les catégories de sexe c’est fini, mais je dirais aussi ne commencez pas avec les catégories de genres.
    J’ai été voir le film XXL ce soir. Super, beau, et sujet à débat, donc intéressant.

    • Le but de cet essai n’est pas de simplifier ou de trivialiser la problématique de l’intersexuation. C’est une analyse historique de l’INVENTION du sexe dans le contexte médical. Le but n’est pas de valoriser l’instrumetalisation des personnes intersexuées afin d’inventer une taxonomie médicale des sexes. Au contraire. On ne peut pas comprendre que toute taxonomie qui prétend classifier toutes les personnes dans des catégories sexuelles est arbitraire sans utiliser le vocabulaire et les définitions que le discours médicale utilise.

      La plupart des personnes ne savent pas que le sexe est une invention médicale. Elles ont l’impression que le sexe est un donné du monde „naturel” tandis que le „genre” est une construction sociale. L’histoire de l’instrumentalisation des personnes intersexuées prouvent que les deux - non seulement le „genre” - sont des constructions sociales.

      On ne peut pas comprendre l’intersexuation et l’histoire de l’instrumentalisation et l’invisiblisation des personnes concernées sans prendre le temps d’apprendre le vocabulaire et les stéréotypes sexistes qui motivent les traitements.

      Ce ne sont pas les intersexes qui ont inventé ces mots, ces termes, ces taxonomies qui continuent à changer (parce qu’elles sont arbitraires et ne prennent jamais en compte le fait que le monde naturel n’est pas simple et binaire). C’est la nature qui n’est pas simple et ce qui me surprend dans votre commentaire c’est que vous recommendez un vocabulaire simple et c’est très clair que le discours médical est en effet simpliste et réductionniste. Donc c’est très simple - à vrai dire TROP simple. Pour comprendre la diversité des sexes, il faut dénoncer cette terminologie simpliste car pour être clair il faut essayer de parler des faits biologiques/génétiques qui prouvent que le sexe ne sera jamais réduit à deux catégories et pour faire cela un discours simpliste ne pourra jamais aider les personnes intersexuées à sortir de ce discours médical invisibilisant qui est en effet trop simple et clairement sexiste.

      Online bekijken : http://www.intersexualite.org/