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Girl n’échappe pas aux critiques des associations de défense des droits des personnes trans*

Publié le 17 octobre - modifié le 30 octobre

Premier long-métrage du jeune réalisateur belge Lukas Dhont, le film Girl, c’est l’histoire de Lara, 15 ans, une jeune fille trans qui rêve de devenir ballerine. Entre la discipline imposée par sa nouvelle école et l’attente de pouvoir enfin commencer son traitement hormonal, son corps est mis à rude épreuve…

Malgré sa Queer Palm reçue lors du dernier Festival de Cannes, le film Girl n’échappe pas aux critiques des associations de défense des droits des personnes trans*.

Tout d’abord, les associations comme Genres Pluriels critiquent le choix d’un acteur cisgenre pour interpréter une jeune femme trans, son obsession du corps (ici, à travers de multiples plans de taping).

Ensuite parce que le film montre une vision volontairement noire et versée dans le pathos qui s’attache davantage à montrer ce qui sépare Lara des autres filles de son âge plutôt que ce qui la relie à elles.

Parce que l’on ne naît ni garçon ni fille mais tout le monde naît bébé avec un corps de bébé et une conscience de bébé ! Parce que l’on devient fille ou garçon ou encore on peut s’identifier autrement !

Aussi parce que ce film perpétue tous les clichés cisnormatifs : sur l’expression de la féminité (le corollaire avec le monde de la danse classique n’est évidemment pas anodin !), la corporalité, la génitalité surtout. Quelle obsession pour les parties génitales ! Que de plans face au miroir !

Cette vision dans le film ne correspond absolument pas à la réalité des personnes trans*.

La journaliste et militante Hélène Hazera n’hésite pas à qualifier le film de « bito-centré » à cause de la fascination voyeuriste autour du corps de Lara.

D’autre encore comme le journaliste Mathew Rodriguez déconseille carrément de voir Girl qu’il qualifie de « pornographie trans traumatisante » et conclut ainsi : « Les personnes trans méritent des histoires qui osent les traiter comme un ensemble psychologique et non qui perpétuent une vision de leur corps comme des fardeaux à surmonter. »

Vous voilà prévenu·e·s !