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Compte-rendu du procès visant à la fermeture de l’association de solidarité Lambdaistanbul

Publié le 7 février 2008 - modifié le 28 octobre 2014

Compte-rendu du procès visant à la fermeture de l’association de solidarité Lambdaistanbul

La troisième audience du procès qui s’est ouvert l’été dernier pour fermer Lambdaistanbul s’est tenu le 31 janvier 2008 à Istanbul. Comme le rapport de l’expert n’était pas arrivé, l’audience a été reportés au 6 mars 2008. Lors de la seconde audience le juge avait désigné un expert, spécialisé dans le Code Civil, pour écrire un rapport sur cette affaire. Le gouvernorat de la ville d’Istanbul a demandé au procureur d’ouvrir un procès, arguant que les mots « lesbienne », « gay », « bisexuel », « travesti » et « transsexuel », ainsi que le but de l’association, étaient opposés à la moralité générale et aux valeurs de la famille turque. Il n’y apas de loi en Turquie qui définissent comme un crime d’être LGBT. Malgré deux rapports de différents instructeurs, qui établissaient qu’il n’y avait pas matière à procès, en mettant en avant la liberté d’expression et d’organisation, garantie par plusieurs lois Turques et internationales entérinées par la Turquie, le gouvernorat de la ville d’Istanbul a fait appel de la décision du parquet et la justice a décidé d’ouvrir le procès. Celui ci a débuté le 19 juillet 2007.

Un groupe d’environ 40 personnes soutenant Lambdaistanbul étaient présentes au tribunal afin de montrer leur solidarité, ainsi que quelques membres de la presse. La police a fouillé arbitrairement les personnes soutenant Lambda, après qu’elles soient entrées dans le bâtiment, et alors qu’elles attendaient hors de la salle d’audience. Ils ont dit qu’ils faisaient cela parce qu’unE observateurE internationalE avait pris des photos lors de la seconde audience. Les avocats ont répliqué que ces fouilles n’avaient pas lieu d’être.

Puis, durant l’audience, le juga a annoncé qu’un groupe nombreux avait fait une manifestation, déployé des banderoles, était entré de force par les fenêtres et les portes, avait résisté à la police, et il a demandé aux avocats de mettre en garde les membres de l’association. Les avocats ont essayé d’expliquer au juge qu’il ne s’était rien passé de tel, et que si ça s’était passé, que le parquet et la police étaient présents et qu’ils s’y seraient opposés, et auraient fait un procès-verbal là-dessus, alors qu’il n’y avait pas trace de ce document. Mais le juge a persisté dans son affirmation et a dit que cela était considéré comme une pression sur le tribunal, et que cela constituait un crime.

Ainsi, globalement, nous pouvons dire que le lieu commun de l’homo- et de la transphobie était encore présent au tribunal. La prochaine audience du 6 mars pourrait bien ne pas être la dernière. Nous, Lambdaistanbul, surveillerons attentivement la suite du procès et si son issue n’et pas en faveur de l’association, nous porterons l’affaire aussi loin que nous pourrons jusqu’à ce que justice soit rendue.

Nous voudrions profiter de cette occasion pour vous remercier touTEs pour le soutien et la solidarité au cours de ce procès. Nous avons vraiment beaucoup aimé vos messages de soutien.

Lambdaistanbul LGBT Solidarity Association