Accueil > Santé > Articles et études > Transphobie intériorisée chez les personnes trans*

Transphobie intériorisée chez les personnes trans*

Publié le 5 juillet - modifié le 26 août

Mémoire réalisé par Léa Queniart-Sanchez en vue de l’obtention du grade de Master en Sciences psychologiques.

Ce mémoire a pour objectif d’étudier l’impact de la transphobie intériorisée sur l’adhésion aux rôles de genres et le vécu de la transidentité chez les personnes trans*. Après une revue de la littérature sur les rôles de genres et la transphobie intériorisée, qui n’a pas pour prétention d’être exhaustive, nous présentons une recherche basée sur une méthodologie mixte.

Notre première étude quantitative vise à étudier l’effet médiateur de la transphobie intériorisée dans l’adhésion aux rôles de genres des personnes trans* et s’il existe une différence genrée dans ce phénomène. Pour ce faire, nous avons créé un questionnaire en ligne comprenant deux échelles : la Bem Sex Role Inventory (BSRI) et la Trans Identity Survey (TIS). La TIS n’existant pas encore en français, nous en proposons une traduction. Les résultats de notre étude quantitative, comprenant 98 questionnaires remplis, n’ont pas permis de montrer d’effet de la transphobie intériorisé sur l’adhésion aux rôles de genres chez les personnes trans*. Nous n’observons pas non plus de différence genrée dans l’adhésion aux rôles de genre ou dans le ressenti de transphobie intériorisée. En effet, dans notre étude, les femmes trans* ne ressentent pas plus de transphobie intériorisée que les hommes trans*. De même, les femmes trans* ne semblent pas adhérer d’avantage aux rôles de genres féminins que les hommes trans* n’adhèrent aux rôles de genres masculins.
Notre seconde étude qualitative vise à élaborer un modèle de compréhension du rapport aux normes de genre qu’entretiennent les personnes trans*. Pour ce faire, nous avons mené cinq entretiens semi-directifs auprès de cinq personnes transgenres (hommes, femme, et non-binaire). L’analyse de ces entretiens a été effectué grâce à la méthode de la théorie ancrée selon C. Lejeune (2019). Celle-ci nous a permis de constater une évolution du rapport aux normes de genres
chez les personnes trans* en fonction de l’avancée dans la transition. Ainsi les personnes trans* que nous avons interrogées se sont d’abord adaptées aux normes de leur genre assigné à la naissance avant de décider de transitionner, ce qui les as amenées à repenser ces normes. Nous observons ensuite que nos participant.es ont pu choisir de s’adapter aux normes de leur genre ressenti et/ou de déconstruire ces normes selon le contexte. Nous observons également un effet protecteur de l’activisme trans* face à la transphobie, ainsi qu’un besoin fondamental relevé par nos participant.es : celui de trouver un vocabulaire et des médias qui inclus la transidentité.

De nombreuses pistes restent à investiguer dans ce domaine, notamment en interrogeant d’avantage de femmes et de personnes non-binaires, ou en proposant une traduction valide de la TIS.

Transphobie intériorisée chez les personnes trans