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5/11/2021 - Stand with us for intersex rights !

Published on 27 October - modified on 11 November

Rassemblement pour défendre les droits des personnes intersexes

Date: vendredi 5 novembre 2021 de 13h à 14h

Où: devant l’HUDERF (Hôpital universitaire des enfants Reine Fabiola)

Adresse: sur la pelouse en face du 125 avenue Stiénon 1090 Bruxelles (Jette)

Coordonnées GPS: 50.88927, 4.32772

Stand Up with Us

Intersekse Vlaanderen, Genres Pluriels et Intersex Belgium appellent conjointement à manifester le vendredi 5 novembre à 13 heures devant l’entrée principale de l’hôpital universitaire pour enfants Reine Fabiola (HUDERF / UKZKF). L’action s’inscrit dans le cadre de la quinzaine de visibilité intersexe qui débute, chaque année, le 26 octobre (journée internationale de visibilité intersexe) et se termine le 08 novembre (journée de la solidarité intersexe).
La top-modèle de renommée mondiale Hanne Gaby Odiele, belge et elle-même intersexuée, viendra soutenir l’action.
Par notre présence, nous appelons à la solidarité avec les personnes intersexuées pour mettre fin aux pratiques médicales habituelles qui sont des mutilations génitales motivées par un besoin médical de normaliser, de standardiser des parties corporelles selon des idées, des valeurs ou des coutumes. Ces actes ne sont pas nécessaires à la santé de l’enfant mais lui occasionnent de nombreuses conséquences et de séquelles à vie.

Hanne Gaby Odiele lors de la manifestation à New York City (novembre 2018)
(c) OutMagazine

Qui sommes-nous ?

Le mot Intersexe est un terme coupole.
Les personnes intersexuées naissent avec des caractéristiques sexuelles physiques qui ne correspondent pas entièrement aux normes sociale et médicale existantes, à savoir la binarité mâle-femelle / féminin-masculin. Nos caractéristiques sexuelles et nos corps sont des variations saines et naturelles des sexes humains.
Ces variations des caractéristiques sexuelles, appelées intersexuations, ne sont pas toujours visibles à la naissance. Elles peuvent le devenir à différents moments : en période prénatale (structures chromosomique et ou génétique), durant l’enfance (structure hormonale, organes génitaux internes et externes), à la puberté ou à l’âge adulte (pilosité, masse musculaire, poitrine, stature, pomme d’Adam, menstruations, etc.).
Une personne peut se rendre compte de son intersexuation très tôt ou bien plus tard au cours de sa vie.
Être intersexe est bien plus répandu qu’on ne le pense. Les Nations unies estiment la population intersexe à 1,7%. Cela représente 1 bébé sur 60, 5 naissances par jour. Environ le même nombre qui naît avec des yeux verts ou des jumeaux en Belgique.
Pendant de nombreuses années, la médecine a considéré que les bébés nés avec des caractéristiques sexuelles atypiques devaient être “réparés”. Nombre de ces chirurgies modifient l’apparence ou la fonction sexuelle des organes génitaux de l’enfant, comme les réductions clitoridiennes, l’ablation de testicules fonctionnels et les vaginoplasties. La grande majorité de ces chirurgies ne sont pas médicalement nécessaires. Certaines personnes intersexuées grandissent sans jamais connaître les procédures qu’elles ont subies dans leur enfance. D’autres ont appris que la chirurgie était nécessaire, pour découvrir plus tard que ce n’était pas le cas.

Pourquoi nous manifestons ?

Ces interventions médicales causent souvent des dommages physiques et psychologiques irréversibles. Les interventions chirurgicales pratiquées sans consentement éclairé ont des conséquences néfastes, notamment des douleurs, une perte de sensibilité, des cicatrices et même la stérilisation, ainsi que des conséquences psychologiques telles que le syndrome de stress post-traumatique et le risque que le sexe assigné ne corresponde pas à l’identité de genre de la personne. En raison de ces risques, les chirurgies intersexes sont considérées comme des violations des droits humains. Cependant, ces procédures ne sont pas directement interdites en Belgique.

Qu’exigeons-nous ?

Par cette action, nous demandons à nos législateurs de veiller à ce que :
(1) nos droits fondamentaux, notre intégrité physique, psychique et sexuelle ainsi que notre droit à l’autodétermination soient réellement protégés,
(2) les interventions médicales dites “de normalisation” soient pénalement interdites et sanctionnées et permettre des recours et réparations effectifs pour les victimes,
(3) de s’assurer que les professionnels de santé sont pleinement formés à un comportement respectueux envers les personnes intersexes permettant à nous et à nos parents de recevoir des conseils et un soutien adéquats,
(4) l’accès effectif aux soins de santé spécifiques et adaptés ainsi qu’au dossier médical soit garanti de manière permanente,
(5) les corps intersexués soient reconnus comme faisant partie normale d’une société diversifiée et
(6) la société tout entière soit informée sur les différentes variations.

Rejoignez-nous et défendez avec nous la protection des droits humains des personnes intersexuées !

#IntersexAwareness #IntersexRights #HumanRights #StopIntersexMutilations


Événement Facebook: https://www.facebook.com/events/574930020431078

Autres événéments dans le cadre de la quinzaine de visibilité intersexe et du festival Tous les genres sont dans la culture: programme en un coup d’oeil

Pour rappel:
- 2001 : les mutilations génitales féminines (MGF) font l’objet d’une incrimination spécifique en droit belge. L’article 409 du Code pénal prévoit une peine de 3 à 5 ans de prison : https://gams.be/mgf-excision/
- 2002 : Loi belge « droit des patients » consentement éclairé et libre: https://www.health.belgium.be/fr/sante/prenez-soin-de-vous/themes-pour-les-patients/droits-des-patients/quels-sont-les-droits-du
- Condamnation de la Belgique par le Comité des droits de l’enfant (CRC/C/BEL/CO/5-6) : https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=CRC/C/BEL/CO/5-6&Lang=Fr
- Condamnation de la Belgique par le Comité des droits de l’homme (CCPR/C/BEL/CO/6) : https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=CCPR/C/BEL/CO/6&Lang=Fr
- Toutes les condamnations par pays pour mutilations génitales intersexes: https://stopigm.org
- Résolution du parlement fédéral pour garantir l’intégrité physique des enfants intersexes : https://www.genrespluriels.be/Resolution-inter-au-parlement-federal-belge
- La loi anti-discrimination a été élargie en 2020 aux caractéristiques sexuelles comme motif de discriminations : https://www.genrespluriels.be/La-loi-genre-inclut-le-critere-des-caracteristiques-sexuelles
- Les principes de Jogjakarta adoptés par les Nations unies ont été ratifiés par la Belgique, notamment le principe 32 dans les PJ+10 qui affirme le droit à l’intégrité corporelle et mentale: http://www.genrespluriels.be/-Principes-de-Yogyakarta-
- La Belgique a ratifié en 2016 la convention d’Istanbul (2011) dont les principes 38 et 39 interdisent les traitements non consentis sur les parties génitales féminines
https://rm.coe.int/1680084840
- Arrêt de la Cour constitutionnelle (arrêt 99/2019 du 19 juin 2019) : https://www.genrespluriels.be/La-cour-constitutionnelle-suit-notre-position-la-loi-trans-doit-etre-adaptee
- L’étude de l’agence Européenne des droits fondamentaux fait aussi un constat sévère et sans appel sur les discriminations et les chirurgies inutiles que subissent les personnes intersexes (p. 50-54) : L’exigence du consentement n’est, dans la grande majorité des cas, pas respectée pour les enfants mineur.es intersexué.es (et pas seulement elleux) :
Soit les parents consentent, mais leur consentement est vicié et non-éclairé ;
Soit le consentement des parents n’est pas sollicité
https://fra.europa.eu/sites/default/files/fra_uploads/fra-2020-lgbti-equality_en.pdf
- Aussi rappelé dans le rapport de l’IEFH/ELC ULB de toute l’importance de sensibiliser la population aux différentes formes d’intersexuations : https://igvm-iefh.belgium.be/sites/default/files/rapport_elc_-_cc_099-2019_-_fr.pdf

Les médias parlent de la manifestation

COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Action contre les mutilations génitales infantiles inutiles
Action du 5 novembre 2021 devant l’HUDERF