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Genres Pluriels

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Visibilité des personnes aux genres fluides, trans’ et intersexes

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LES 10 MYTHES SUR LA TRANSIDENTITE

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21 avril 2008 - Dernier ajout 24 novembre 2011
par genrespluriels

Les 10 mythes sur la transidentité abordera

10 fausses croyances concernant

les genres, les sexualités et les identités trans* :

1. transidentité = minorité sexuelle FAUX

2. transidentité = maladie mentale FAUX

3. transidentité = intersexualité FAUX

4. Il n’y a que 2 sexes FAUX

5. Il n’y a que 2 genres FAUX

6. Transidentité = hétérosexualité FAUX

7. TouTEs les trans* veulent la chirurgie génitale FAUX

8. TranssexuelLEs = opérations et transgenres = pas opérations FAUX

9. Identité de genre = rôle social de genre FAUX

10. Il n’y a que 4 attirances amoureuses et sexuelles FAUX


1. Transidentités = minorités sexuelles FAUX

Les transidentités est une question d’identité, non une question de sexualité. Les trans* peuvent avoir toutes les attirances amoureuses et sexuelles possibles (polyamours, homosexualité, bisexualité, asexualité, sans attirance, hétérosexualité, …), les mêmes que n’importe qui. Les transidentités ne sont donc pas des minorités sexuelles. En fait il s’agit d’une minorité identitaire ou minorité de genres.

2. Transidentité = maladie mentale FAUX

Depuis plus de 100 ans que la psychiatrie se penche sur cette question, elle n’a toujours pas fait la preuve que les transidentités sont une maladie mentale. Les trans* qui depuis plus de 50 ans ont pu obtenir les hormones et la chirurgie qu’ils souhaitent, montrent au contraire qu’ils vont plutôt mieux après qu’avant. Par ailleurs nombre d’entre yels, que ce soit avant ou après leur transition, ont pu faire des études de haut niveau et tenir des emplois à responsabilités ou nécessitant de solides connaissances dans le domaine concerné, ce qui est incompatible avec une maladie mentale quelle qu’elle soit. Conclusion : les transidentités ne sont pas concernées en tant que telles par la maladie mentale. Il peut arriver que des personnes trans* présentent des signes de maladie mentale ou en soient atteintes, mais ce n’est pas due à leur transidentité. Il s’agit d’une pathologie qui cohabite avec la transidentité, tout comme on peut être schizophrène et hétéro, avoir la grippe et être cisgenre, paranoïaque et avoir un handicap (une jambe en moins) ou être gaucher et avoir un problème cardiaque… La transidentité relève plus d’une forme des discriminations compte tenu de l’organisation binaire de la société. Dans un autre type d’organisation de la société, par exemple, ternaire ou multiple, il n’y aurait sans doute pas le même problème avec les transidentités. Les intersexes y trouveraient aussi probablement un meilleur confort de vie. Idem pour les homosexuelLEs.

3. Transidentité = intersexualité FAUX

D’un point de vue scientifique et de l’état actuel des connaissances en la matière, rien ne permet de rattacher les transidentités à l’intersexualité. Espérons que les intersexes nous en proposent un qui leur conviennent. Dès la fécondation, le sexe chromosmique est connu. Un programme va s’exécuter afin de tenter de donner une anatomie mâle ou femelle. Durant ce programme, des croisements, au sens de carrefour, vont permettre l’orientation vers l’un des pôles extrêmes du spectre de sexuation (mâle ou femelle). Le programme, sous l’action de divers facteurs, (hormones, médicament pris par la mère, pollution, gène(s) ayant un fonctionnement variant…), peut prendre une direction ou l’autre à plusieurs reprises durant son déroulement. C’est ce qui permet ce continuum entre mâle et femelle. L’intersexualité, c’est toutes les formes de sexes qui sont comprises entre mâle et femelle. Elles sont très nombreuses et ne sont pas encore toutes connues.

4. Il n’y a que 2 sexes FAUX

La société occidentale s’est organisée sur les deux sexes biologiques majoritaires (mâle, femelle) auxquels elle a fait correspondre deux sexes social (homme, femme), puis deux genres (masculin, féminin). Cette organisation sexuée autour de la procréation a produit une société hétérocentrée et hétéronormative au service des hommes (mâles). Toute personne qui ne correspond pas à ce classement sexué et ne rentre pas dans le rôle correspondant se voit marginalisée, exclue de la société. L’exemple des intersexes est assez éloquent. Avant que les techniques modernes de la chirurgie le permettent, on leur demandait de choisir un sexe et de s’y tenir sous peine d’être brûlé vif. Les formules chromosomiques du sexe sont nombreuses. Voyons celles que l’on trouve chez les humains à partir de leur gamètes : 3 x 6 = 18 formules possibles. Si on inclue les mozaïques : 18 x 18 = 324 combinaisons possibles. Même si ces cas de figures sont rares, voire très rares, on est très loin de 2 sexes ! Ces mêmes variations sont observées sur les plans anatomiques, gonadiques, hormonaux, biologiques. Plutôt que de les nommer toutes afin de créer des catégories, il serait préférable d’abandonner les catégories binaires suivantes : mâle/homme/masculin et femelle/femme/féminin.

5. Il n’y a que 2 genres FAUX

Monique WITTIG (2001) dans la Pensée straight dit que les lesbiennes ne sont pas des femmes au sens d’une société hétérocentrée et hétéronormative. Parce qu’elles sont lesbiennes, elles échappent au rôle de procréatrices au service de la famille et des hommes. Comme les hommes ont besoin des femmes pour la procréation, ils les ont asservies et tentent de les maintenir sous leur domination. Il y a encore de nombreux pays où les femmes servent de monnaie d’échange, une soeur contre une épouse, une fille contre des biens (argent, terrains…). Des hommes qui ont étayé leur identité d’homme dans le fait qu’ils gagnent plus que leur femme, ont des troubles de l’érection quand la situation professionnelle du couple change et que leur femme gagnent plus qu’eux. D’autres ont confirmé leur identité d’homme avec un travail et présentent les mêmes symptômes dès qu’ils le perdent. Il existe des situations équivalentes chez certaines femmes. Le genre est le sentiment d’être homme, femme, agenre (ni l’un ni l’autre), intergenres (alternativement l’un ou l’autre, l’un et l’autre, ou alternativement une ou plusieurs des combinaisons précédentes). On peut aussi dire qu’il y a des catégories identitaires (homme, femme, agenre, intergenre, transgenre, transsexe, intersexe…) et le sentiment de faire plutôt partie de l’une ou l’autre de ces catégories (sexe psychologique). Le sexe psychologique est indépendant du fait de se sentir masculin, féminin, androgyne ou neutre (identité de genre). Ces différents éléments qui cohabitent peuvent évoluer au cours de la vie. Par ailleurs, les identités trans*, asexuelLEs et intersexes commencent à être visibles, s’inspirant du modèle gay et lesbien. Les personnes concernées se regroupent en communauté car elles n’ont pas d’autre choix pour obtenir l’égalité des droits avec le reste de la population et la fin des discriminations dont elles font l’objet, car les états laissent perdurer ces discriminations et inégalités des droits. Les populations migrantes sont aussi dans ce cas de figure, d’où également un repliement communautaire.

6. Transidentité = hétérosexualité FAUX

Les trans* ne font pas de transition pour devenir hétérosexuelLEs. Ce n’est pas non plus par refus d’une éventuelle homosexualité. Les transidentités n’a pas de relation avec l’attirance amoureuse et sexuelle, ni avec la sexualité. Par contre, les personnes trans* peuvent avoir toutes les attirances affectives et sexuelles existantes, comme n’importe qui.

7. TouTEs les trans* veulent la chirurgie génitale FAUX

Certaines personnes trans’ ont besoin de la chirurgie génitale pour être à l’aise dans leur nouveau corps et rôle social, d’autres non. Le but de la transition avec ou sans chirurgie génitale est d’être au plus près de son point de confort. En sachant que son point de confort est fluctuant, mouvant durant toute la durée de la vie. La transition de rôle social suffit à de nombreuses personnes. Dans ce cas, le but est de vivre en permanence dans le rôle social d’affection correspondant le mieux à la personne. Cela inclus si nécessaire, un traitement hormonal, de la chirurgie plastique non génitale (féminisation du visage, mammoplastie, torsoplastie, liposussion des graisses…), des traitements d’éradication de la pilosité faciale et parfois corporelle, des implants capilaires, le port de prothèse capillaire, de prothèse de pénis, de bandage pour comprimer une poitrine indésirable… La gonadectomie seule peut aussi être envisagée. L’hystérectomie seule peut également être exécutée. Pour d’autres, la transition de genre est indispensable. Le but, en plus de la transition de genre, est de changer aussi son anatomie génitale. CertainEs trans* ne souhaitent pas de chirurgie génitale alors que certainEs trans* la demandent.

8. TranssexuelLEs = opérations / Transgenres = pas opérations FAUX

Croire que les trans* s’identifient touTEs comme hommes ou femmes et font tout pour rejoindre, au moins en apparence, la catégorie qui leur correspond est faux. FAUX : Catégoriser en 2 transsexuelLEs = opération et transgenre = pas opération C’est plus complexe que cela. Il s’agit avant tout d’une question d’identité et d’auto définition. Pour certainEs personnes trans*, le rôle social de genre est stable, cette identité est fluctuante chez d’autres. Certains trans* ont pourtant besoin de se conformer à un rôle social normé parce qu’il leur est plus confortable de vivre socialement dans cette catégorie. CertainEs trans* après leur transition se vivent intergenres. Ils/elles s’autorisent à vivre et exprimer leur genre (féminité, masculinité, genderqueer, nogenre, ), y compris celui opposé à leur nouveau sexe. Ou ils n’ont plus besoin d’exprimer un genre et deviennent agenres. En ce sens elles rejoingnent les transgenres. Aucune des deux catégories ne contient l’autre. Il s’agit de deux groupes qui s’interpénètrent.

9. Identité de genre = rôle social de genre FAUX

Les identités de genre est le sentiment d’être homme, femme, agenre (ni l’un ni l’autre), intergenres (alternativement l’un ou l’autre, l’un et l’autre, ou alternativement une ou plusieurs des combinaisons précédentes). On peut aussi dire qu’il y a des catégories identitaires (homme, femme, agenre, intergenre, transgenre, intersexe…) et le sentiment de faire plutôt partie de l’une ou l’autre de ces catégories (rôle social de genre). Le rôle social de genre est indépendant de l’identité de genre qui est le fait de se sentir masculin, féminin, androgyne ou neutre. Ces différents éléments qui cohabitent peuvent évoluer au cours de la vie. Les identités de genres et rôles sociaux de genres sont culturels. C’est ce qui est attribué culturellement au féminin et au masculin. Le masculin et le féminin ne sont pas les deux extrêmes d’une même échelle, il s’agit d’élaborer une compréhension en mosaïque plutôt qu’en « ligne droite ». Les humains sont plus complexe qu’une ligne droite. Socialement, nous sommes éduquéE avec une croyance qu’une femme est plus féminine que masculine et un homme est plus masculin que féminin mais une femme n’est pas forcément féminine et un homme n’est pas forcément masculin. Or, chez chaque individuE, la variabilité est très importante : La variété des combinaisons (niveau du masculin/féminin) des identités de genres, des rôles sociaux de genres font écho à la variété des sexes biologiques et génétiques.

10. Il n’y a que 4 attirances amoureuses et sexuelles FAUX

Les attirances amoureuses et sexuelles connues sont l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité et l’asexualité sans attirance. Mais comment qualifier le fait :
- qu’un trans* masculisant soit avec une lesbienne, avec un homme, ou avec une drag queen ;
- qu’une butch (lesbienne « camioneuse ») soit avec une butch, avec une fem (lesbienne « féminine »), ou avec un gay ;
- qu’un intersexe soit avec un homme, avec une femme, ou avec une trans*… ?
- que des personnes ne soit attirées que par des trans* non-op ? … Il s’agit avant tout d’une rencontre entre deux personnes (ou plus) quels que soient leurs statuts de sexe biologique, de sexe anatomique, de genre ou de rôle social. On pourrait parler de “pluri-sexualité plutôt que de définir hétérosexualité, homosexualité, bisexualité, asexualité… C’est à dire qu’on pourrait ne plus classifier car cela n’est pas très utile (cela ne permet que des discriminations) et cela n’a pas vraiment d’importance (sauf pour les moralistes).


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  • 22 avril 2008, par la_passante

    Et pour le « reality check », lisez ce livre-ci :

    Alexandra Augst-Merelle et Stéphanie Nicot : Changer de sexe : Identités transsexuelles, Paris : Le Cavalier Bleu Éditions, 2006, ISBN 2-84670-142-3 ( site de l’éditeur : http://www.lecavalierbleu.com )

    Par ailleurs, il serait grand temps qu’on arrête de vouloir créer une « norme trans’ ». Surtout en nous divisant nous-mêmes, histoire que nos oppresseurs n’aient même plus à le faire… Non ?